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Investir dans les infrastructures russes

Le cabinet Herbert Smith, très présent sur le financement des projets d’infrastructure en Russie, a organisé un séminaire à Paris consacré aux opportunités d’investissement dans ce secteur.

« Ces sujets sont à la taille du pays, c’est-à-dire immenses », a annoncé d’entrée de jeu Jacques Bertran de Balanda, associé du bureau parisien d’Herbert Smith, où s’était déroulé le 10 mars dernier le petit-déjeuner-débat sur le thème « Investir dans les infrastructures en Russie ». Les grands constructeurs – Suez Environnement, Véolia Environnement, Alstom, Lafarge – et les banques d’investissement françaises, soit soixante-dix participants, ont assisté à ce séminaire organisé dans le cadre du Club Grands Projets. Cette deuxième session du cycle a été consacrée aux projets d’infrastructure au travers des partenariats public-privé (PPP) qui se sont développés un peu partout en Russie depuis les années 2000. En cause, les dépenses pharaoniques que nécessitent les infrastructures, héritées de l’URSS et devenues obsolètes. Les autorités russes ont aujourd’hui reconnu l’utilité de faire appel aux capitaux privés, russes et étrangers. Mais en 2008, la crise économique et financière a mis un coup de frein à l’essor espéré des projets de PPP en Russie : la plupart ont été gelés ou arrêtés.

Attractivité

Avec la reprise de l’économie mondiale, le secteur des infrastructures russes redevient attractif, offrant aux opérateurs étrangers de réelles opportunités : tel a été le principal message délivré par les trois spécialistes du secteur qui ont animé la rencontre. « Les partenariats publicprivé existent bel est bien en Russie. On ne pouvait pas en dire autant il y a encore cinq ans, a soutenu Alexander Yerofeyev, associé d’Ernst & Young à Moscou. Aujourd’hui la situation a radicalement changé. Un certain nombre de projets d’envergure ont été lancés. Il y a une bonne compréhension de ce que doit être un PPP réussi et profitable aussi bien pour le secteur public que privé ».

Olga Revzina, associée du bureau moscovite d’Herbert Smith, a renchéri : « Aujourd’hui on constate une amélioration du climat économique général et, surtout, il y a une vraie volonté politique pour développer ces projets ». L’avocate a également rappelé le vaste programme de privatisations, prévu en 2011-2013, ainsi que les prochaines échéances sportives organisées par la Russie (jeux olympiques d’hiver en 2014, coupe du monde de la FIFA en 2018), qui augurent de nouvelles opportunités pour les investisseurs. Parmi les projets en cours passés en revue ce matin-là : la construction de la première ligne à grande vitesse entre Moscou et Saint-Pétersbourg (coût estimé : 40 milliards de dollars), la construction d’autoroutes à péages autour de Saint-Pétersbourg, la réalisation d’un pont au-dessus du fleuve Volga dans la ville de Nijny Novgorod ou encore la construction d’une usine de traitement d’eau à Saint- Pétersbourg.

Difficultés financières et juridiques

Or, si ce marché paraît prometteur, les écueils qui guettent les investisseurs étrangers en Russie sont nombreux. « Peu d’organismes – banques d’Etat russes ou institutions internationales, comme la BERD – prêtent de l’argent en roubles à long terme. Les taux d’intérêt sont élevés et il est difficile de se prémunir des risques de change. De plus, plusieurs questions liées au soutien de l’Etat n’ont pas encore trouvé de réponses ». Autant de difficultés liées au financement que souligne Alexandre Yerofeyev. Toutefois, la situation s’améliore, car certaines banques mettent à disposition des financements en roubles sur des maturités de 18-20 ans, « chose impensable il y a encore quelques années ».

D’autres obstacles concernent le cadre juridique insuffisamment développé. Pour Olga Revzina, la loi fédérale n° 115 FW sur les concessions, votée en 2005, est trop rigide : « Pour les investisseurs, certains articles de la loi fédérale sont inacceptables. C’est pourquoi nous travaillons le plus souvent selon la législation régionale sur les PPP, qui est beaucoup plus flexible. Du coup, il y a un risque politique de reclassification des projets régis par la législation régionale en concessions fédérales », explique-t-elle. D’autres inconvénients se présentent, comme l’impossibilité de négocier avec les autorités le projet d’offre ou encore le dispositif de règlement des différends qui donne compétence aux seules cours d’arbitrage russes.

Corruption

Par ailleurs, la corruption reste un problème récurrent dans ce pays, situé au 154e rang du classement 2010 de Transparency International. Pour Alexander Yerofeyev, les projets de PPP sont en général moins touchés par ce fléau que les commandes d’Etat traditionnelles. « Pour éviter la corruption dans les projets de PPP, il faut que la concurrence soit assurée, c’est-à-dire, la transparence et l’attractivité des projets », explique-t-il.

Pour autant, Olga Revzina reste très optimiste : « Nous sommes à un tournant important. Dans toutes les régions russes on attend des investisseurs pour rénover les infrastructures, parce que tout tombe en ruine. Les compagnies qui sauront se positionner rapidement auront par la suite accès à des chantiers considérables ».

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