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Société cotée cherche actionnaire fidèle

Le 2 avril dernier, le Master 2 professionnel Droit des Affaires et Fiscalité de l’Université Paris I organisait un colloque sur le thème : « Quels actionnaires pour les sociétés cotées ? ». L’occasion de dresser le portrait d’une population hétéroclite, parfois difficile à retenir.

« Les actionnaires des sociétés cotées forment un ensemble disparate ». Avec cette affirmation introductive, Bertrand Fages, directeur du Master 2 professionnel Droit des Affaires et Fiscalité de l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne), répond dès le départ à la question posée lors du colloque organisé par sa formation : « quels actionnaires pour les sociétés cotées ? ». Investisseurs privés, petits actionnaires, actionnaires familiaux ou hedges funds, les porteurs affichent en effet une réelle diversité. Et ce, non seulement en raison de la valeur de leur investissement mais également de leur géographie et de leur culture, disparates du fait de la mondialisation. « Les actionnaires peuvent être fidèles ou volages, hostiles ou amicaux, égoïstes ou solidaires », précise Bertrand Fages. Autre caractéristique : « ils peuvent vouloir le pouvoir ou se comporter en simple détenteur précaire ». Une attitude d’autant plus répandue que s’est développée ces dernières années une nouvelle forme de trading, accélérant le temps au point de réduire pour certains la détention d’actions à quelques secondes.

Donner confiance

Dans ces conditions, comment répondre aux attentes de chacun ? D’abord en limitant l’implication trop grande des actionnaires de référence, afin de rétablir l’égalité entre tous. Un rôle que s’attribue notamment l’Autorité des marchés financiers via son arsenal de mesures de droit boursier (règles de transparence, déclarations d’intention, abus de marché, action de concert, etc.). Mais, reconnaît Benoît de Juvigny, secrétaire général adjoint de l’AMF, « ce discours est facile à tenir quand le CAC est à 5 000 ou 6 000 points, mais plus difficle en période de crise ! ». Car la participation au marché de la plupart des catégories d’actionnaires (particuliers, banques / assurances, fonds activistes, blocs d’actionnaires familiaux) s’effrite aujourd’hui. D’où l’intérêt pour les sociétés cotées de regagner leur confiance en les traitant en véritables partenaires. « Lorsque l’on ne dispose pas d’actionnaire de référence, il faut faire avec les actionnaires que l’on a et décider ensuite d’une stratégie », reconnaît Thierry Pilenko, président directeur général de Technip. Or, qui dit stratégie, dit long terme. Un avis partagé par l’ensemble des intervenants qui pointent tous la nécessité de fidéliser les actionnaires. Pour ce faire, une méthode incontournable : communiquer, notamment sur la pérénité et la démarche sociétale de l’entreprise.

« Le critère financier n’est plus le seul élement évalué », admet Thierry Pilenko. Road-show pour les uns, documentation pour les autres, et, bien sûr, participation au Conseil d’administration pour ceux dont la participation est stratégique.

« Notre décision d’investir est liée à la conviction que nous avons la même vision que le dirigeant. Pour nous, le forum est donc une place au conseil d’administration », explique Virginie Morgon, membre du directoire d’Eurazeo.

Contrôler les rémunérations

Mais reste à savoir si le conseil d’administration constitue l’organe le mieux à même de définir la stratégie de l’entreprise avec les actionnaires.

« L’assemblée générale pourrait être le bon forum, admet Georges Terrier, associé chez Davis Polk & Wardwell, mais elle ne se concentre que sur la rémunération du dirigeant ! ». Et encore, précise Pierre Bollon, délégué général de l’Association française de la Gestion financière, « elle ne vote que sur des morceaux de rémunération ». Mais le sujet reste sensible pour les actionnaires. Pour preuve : estimant que le niveau de rémunération atteint par les dirigeants n’était pas en phase avec sa politique d’investissement à long terme, l’ERAPF vient de décider qu’il ne soutiendrait plus de rémunération supérieure à 100 SMIC. « C’est une nouvelle positive, peut-être excessive mais qui devrait faire réfléchir si l’on veut développer un actionnariat efficace », estime Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest. Reste que, dans les faits, peu de porteurs participent aux AG. Selon Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires, le droit des sociétés doit donc être réformé pour favoriser les actionnaires à long terme, plus impliqués dans la vie de l’entreprise.

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