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Londres : les cabinets face à la crise

Les événements survenus ces dix derniers jours au Royaume-Uni ont prouvé, encore une fois, que les vieilles certitudes sur lesquelles la vie sociale, économique et politique s’est appuyée durant les trente années de l’après-guerre, ne sont plus valables. Cet effondrement touche également le monde juridique. En Angleterre, la profession juridique des années 90 est fondamentalement différente de celle qui existait il y a 15 ans. La concurrence des cabinets étrangers (principalement américains), des “auditors” et la nouvelle conjoncture économique qui voit le client devenir de plus en plus exigeant et réclamer avec de plus en plus de fermeté un “rapport qualité-prix”, ont entraîné une évolution dramatique de la profession. Face à ces changements, la solution adoptée est typiquement anglaise, donc pragmatique. Nous avons copié nos concurrents, sans trop d’analyses préalables, nous sommes devenus “grands”, nous avons adopté les méthodes de gestion des entreprises et nous nous sommes spécialisés. Pourtant, les raisons qui justifiaient ces choix alors que le travail était abondant ont à présent disparu. Aujourd’hui, nous remettons en question plusieurs valeurs que nous tenions alors pour acquises. La fusion des cabinets, événement presque quotidien il y a 2 ou 3 ans, n’est plus à la mode. La spécialisation des juristes n’est plus analysée comme étant nécessairement toujours dans l’intérêt du client. Les jeunes spécialistes souffrent quelquefois d’un manque de formation générale. La confusion règne aussi en ce qui concerne les associations de cabinets, exclusives ou non, clubs, networks, alliances, groupements, réseaux ou GEIE dont les motivations semblent souvent reposer sur le simple désir de suivre le mouvement général sans suffisamment se demander “pourquoi” et “avec qui”.

En ce qui concerne le volume d’affaires, la vérité est qu’il n’y a plus de travail pour tous les jeunes que nous avons avec tant d’énergie encouragés à entrer dans notre “noble et rémunératrice” profession. De nos jours, le client a l’embarras du choix. Il part du principe que le juriste est bon technicien. Ce qui le préoccupe, c’est la valeur ajoutée que nous pouvons lui apporter en terme de services et de coût. Le client négocie le taux horaire, exige des remises en fonction du volume de travail qu’il apporte. En période de récession, non seulement réclame-t-il un meilleur rapport qualité-prix, mais aussi le partage de ses difficultés financières.

Cette remise en cause de certaines données est néanmoins nécessaire et opportune. En effet, il faut espérer que le défi qui a été lancé à certaines certitudes nous permettra d’éviter de sombrer dans la suffisance et de nous rappeler que nous ne sommes pas une profession placée au-dessus du reste du monde commercial, mais que nous sommes tout simplement et comme beaucoup, prestataires de services, soumis aux lois du marché.

* Managing partner, Warner Cranston, Londres

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