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Des écarts de rémunération persistants entre directeurs et directrices juridiques

L’Association of Corporate Counsel (ACC) a publié avant la trêve estivale une enquête intitulée Global Compensation Survey 2018, sur la rémunération des juristes d’entreprise à l’international. Conduite auprès de 5 000 professionnels basés dans 65 pays, elle met en lumière des écarts importants de rémunération entre femmes et hommes.

Basée sur une étude exhaustive des salaires, des primes et bonus de performance, de la rémunération à base de titres de participation, des avantages sociaux et des régimes de retraite, le Global Compensation Survey représente l’une des plus complètes enquêtes internationales disponibles sur la rémunération totale des juristes d’entreprise. Sans véritable surprise, elle révèle des écarts de rémunération substantiels entre hommes et femmes au niveau des postes d’encadrement dans les départements juridiques. La rémunération totale médiane des directeurs juridiques atteint les 232 421 € (salaire + bonus), tandis que celle des directrices juridiques est limitée à 180 772 €. Un écart de 22 %. La plus forte disparité concerne les juristes ayant entre 11 et 20 années d’expérience en entreprise. Les femmes perçoivent dans ce cas 69 % de la rémunération de leurs homologues masculins.

Au niveau mondial, les plus grands écarts de rémunération se situent en Amérique latine et au Moyen-Orient/Afrique, où les femmes juristes touchent en moyenne respectivement 38 et 45 % de ce que gagnent leurs collègues masculins. Les États-Unis, le Canada et l’Australie enregistrent pour leur part des écarts de rémunération moyens les plus faibles (85, 83 et 81 %).

Un espoir pour les prochaines générations ?

« Le rapport nous donne bon espoir de voir cet écart se réduire pour les nouvelles générations de juristes d’entreprise », explique Veta T. Richardson, PDG d’ACC. Car la disparité hommefemme en matière de rémunération chez les directeurs juridiques diplômés à partir de l’année 2010 est presque deux fois inférieure à celle observée chez les directeurs juridiques diplômés avant l’an 2000. L’écart de rémunération s’élève en effet à 30 1029 €, contre 73 170 € chez les directeurs juridiques diplômés avant le nouveau millénaire. Des chiffres néanmoins sujets à caution puisque l’on peut s’interroger sur la véritable séniorité des diplômés depuis 2010. Les plus optimistes y verront peut-être une tendance de fond…

Pour les postes de juristes débutants, la situation est cette fois-ci plus paritaire. Les femmes juristes touchent en effet 91 % de la rémunération de leurs collègues masculins. L’écart de salaire entre hommes et femmes est limité à 9 % (103 124 € contre 94 530 €). En clair, en début de carrière, à poste comparable, les rémunérations entre hommes et femmes sont plus ou moins équivalentes.

C’est après que les écarts se creusent. Le choix de la spécialité figure bien sûr parmi les explications puisque l’étude confirme que les juristes d’entreprise les mieux payés sont en charge des marchés de capitaux, des fusions & acquisitions et des dossiers antitrust. L’étude démontre aussi que les biotechnologies/ sciences de la vie, les hautes technologies / recherche et les services d’hôtellerie et de restauration sont les industries les plus rémunératrices pour les directeurs juridiques. En outre les salaires de base, les primes basées sur la performance et la rémunération totale sont plus élevés dans les entreprises publiques que dans les sociétés privées. Le rapport démontre, s’il en était encore besoin, que seulement deux ans d’expérience « externe », dans un cabinet d’avocats ou une administration, font augmenter la rémunération des juristes d’entreprise.

D’autres postes au sein des services juridiques se démarquent également par leur quasi-parité en matière de rémunération, tels que les directeurs de la conformité (écart limité à 5 %) ou les directeurs des opérations juridiques, seul poste pour lequel aucune disparité femme-homme n’a été observée.

La tendance des prochains mois

Plus des trois quarts des juristes interrogés dans le cadre de l’enquête (78 %) s’attendent à voir leur salaire augmenter. La majorité d’entre eux anticipe d’ailleurs une augmentation comprise entre 1 et 2,9 %. Les plus gradés sont les plus optimistes : 26 % des directeurs juridiques parient sur une augmentation de salaire d’au moins 5 %. Notons qu’un quart des juristes travaillant dans une entreprise privée espère une augmentation d’au moins 5 %, contre moins de 17 % dans le secteur public.

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