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Fonctions liées à la compliance : quelle rémunération et quelles missions ?

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Le cabinet de recrutement spécialisé dans le management de transition Atorus Executive vient de réaliser une étude inédite sur la rémunération des fonctions liées à la compliance. Elle révèle un marché naissant, à haut niveau de rémunération, malgré les incertitudes liées à la définition et au volume des missions à accomplir. La Lettre des juristes d’affaires publie les résultats en exclusivité.

Les fonctions de compliance au sein de l’entreprise connaissent un réel essor depuis quelques années. L’adoption de nouvelles réglementations, notamment la loi Sapin 2 et le RGPD, a fortement fait croître la demande des groupes en 2018 et témoigne de leur souhait de renforcer leur protection sur ces sujets. Pourtant les candidats sont rares. Et les formations tout juste naissantes, entraînant une pénurie des profils et une inversion du paradigme compétence / rémunération. Thomas Frey, directeur exécutif du DaVinci Institue, explique d’ailleurs : « les deux tiers des métiers de demain n’existent pas. Qui aurait imaginé, 30 ans en arrière, avoir besoin d’une personne chargée de protéger l’intégrité des données récoltées et utilisées par l’entreprise ? ». Marie Hombrouck, associée fondatrice d’Atorus Executive, le reconnaît à son tour : « Le marché est bien sûr encore en maturation. Cependant, quelques tendances se dessinent déjà ». Cette étude, réalisée à l’échelle nationale auprès de 200 personnes, candidats et entreprises, révèle notamment qu’en se développant sur les questions de compliance, les juristes cherchent avant tout à ajouter une nouvelle corde à leur arc. Faut-il en effet rappeler que les connaissances juridiques sont indispensables pour l’exercice de ces nouvelles missions ?

Des intitulés de poste variables

L’étude constate que le marché des fonctions compliance se diversifie et se partage entre des métiers très spécifiques, comme ceux de Data privacy officer (DPO) et d’autres plus généraux comme ceux de « responsable conformité ». En 2018, 35 % des représentants de la fonction compliance étaient des « juristes/compliance officers ». Quelque 26 % sont regroupés sous des intitulés de postes variables : risk manager, RCSI, contrôleur interne, etc. L’intitulé de poste plus général de « responsable conformité » concerne quant à lui 23 % des personnes interrogées et les postes à responsabilités de DPO et de RCCI (Responsable de la conformité et du contrôle interne) concernent respectivement 7 % et 9 % du marché.

Une spécialité attractive financièrement

La pyramide des rémunérations élaborée par l’étude et reproduite ci-après révèle qu’en dépit de l’absence de maturité du marché, les rémunérations sont confortables puisque plus de 50 % des personnes qui travaillent dans le secteur de la compliance touchent une rémunération de 70 K€ ou plus par an. Pour la majorité d’entre eux (43 %), la rémunération annuelle s’étend de 70 à 120 K€ par an. Selon Marie Hombrouck, ces niveaux de salaires s’expliquent par la demande croissante dans le secteur, qui a entraîné l’inflation des prix, même si la disparité est tout de même importante.

L’étude met également en lumière un paramètre générationnel qui pourrait avoir une influence sur les rémunérations : si 25 % des acteurs du marché sont des juniors, quelque 47 % d’entre eux sont des seniors, dotés d’au moins 7 ans d’expérience, majoritairement issus du secteur financier ou juridique, qui se retrouvent à évoluer dans le secteur de la compliance à la suite d’une évolution professionnelle. Il est d’ailleurs intéressant de constater que 10 % des personnes du secteur touchent plus de 120 K€ par an.

L’étude relève en outre que le juriste qui choisit d’assumer la fonction compliance améliore nettement sa rémunération. Alors qu’un directeur juridique perçoit en moyenne 110 K€ par an – selon la dernière étude de l’AFJE – un directeur juridique qui est également directeur compliance serait rémunéré à hauteur de 150 K€.

Banque et pharmacie, des secteurs précurseurs

Si le secteur bancaire est historiquement celui dans lequel la compliance est la plus présente, notamment à cause de la survenance de l’affaire Enron qui a imposé davantage de contrôles, le secteur de la pharmacie, lui aussi très régulé, n’est pas en reste. L’étude révèle bien sûr que le besoin s’est étendu à tous les secteurs en 2018, particulièrement pour les grandes entreprises. Et aujourd’hui 76 % des entreprises dotées d’un département compliance emploient, en général, plus de 100 personnes. Mais il est intéressant de noter l’évolution de ces deux secteurs précurseurs, plus matures, qui peut laisser présager d’un futur plus global. Alors que pendant une dizaine d’années, ces entreprises avaient tendance appel à des consultants extérieurs, elles ont désormais entrepris d’internaliser la fonction, qui devient permanente. On peut se demander si l’évolution ne sera pas comparable concernant la fonction très récente de DPO, sur laquelle le recul n’est pas encore suffisant. « Pour l’instant, c’est le tout début, constate avec prudence Marie Hombrouck. Les entreprises ont tendance à faire appel à des DPO extérieurs et on ne sait pas encore si les ex CIL deviendront tous DPO ».

Un rattachement qui a lui aussi évolué

Historiquement, les fonctions compliance ont souvent été rattachées au secteur de la finance. Désormais, elles sont souvent placées hiérarchiquement sous la responsabilité du directeur juridique ou du directeur IP. Toutefois, la réglementation insistant sur le caractère indépendant des fonctions, la tendance est à la création de départements « compliance » directement rattachés à la direction générale. Et Marie Hombrouck d’en conclure : « Entre autonomie et rattachement à un département existant, les entreprises cherchent encore leur stratégie ».

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