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Comment penser comme un fonds activiste ?

Pernod Ricard, Atos, Danone, Vivendi, Casino, Suez, Lagardère, Scor, Latecoère… Le nombre d’entreprises françaises ciblées par des fonds activistes durant ces derniers mois n’a jamais été aussi élevé. Deloitte, qui vient de publier une étude sur le sujet, estime que leur présence « devrait croître de manière significative dans les prochaines années » et propose d’apprendre aux dirigeants à penser et agir comme ces derniers « afin d’anticiper et d’éviter des polémiques publiques et coûteuses ». Explications.

Tendance historiquement américaine, leur action est aujourd’hui mondialisée avec une présence accrue ces derniers mois en Australie, au Japon, mais surtout en Europe. « L’activisme est devenu un phénomène pérenne dont il faut se préoccuper », introduit l’étude de Deloitte intitulée de façon un peu provocatrice : « Soyez votre propre activiste ». Portés par des faibles taux d’intérêt et d’importantes réserves de capitaux privés, ils surfent sur la vague réglementaire encourageant la transparence de la gouvernance et le dialogue avec les actionnaires. En se basant sur des données d’Activist Insight, Deloitte estime à 300 Mds$ le montant investi par ces fonds. Au cours de ces douze derniers mois, le nombre de campagnes a bondi à plus de 850, ciblant principalement les grandes entreprises – c’est-à-dire celles ayant une capitalisation boursière de plus de 10 Mds$. Les services financiers, la grande consommation, l’énergie et les ressources sont les secteurs principalement visés. Et, comme souvent, ce ne sont pas les plus grandes entreprises qui sont les mieux organisées pour faire face à de tels raids. Interrogé par le Big, un activiste américain témoigne : « Pour (nous), les entreprises gérées de façon inadaptée sont les meilleures cibles ». L’étude ajoute : « Mieux préparés que jamais, ces nouveaux acteurs exploitent la moindre faiblesse dans la structure de la société cible ».

Selon le rapport Prédictions pour 2018 publié par ActivistMonitor et Mergermarket, 76 % des activistes s’attendent à ce que les entreprises préfèrent parvenir à un accord plutôt que livrer une bataille de procuration coûteuse face aux fonds. L’étude démontre par ailleurs que, parmi les types de campagnes ayant abouti à une réussite partielle ou à un compromis, celles concernant les demandes de sièges au conseil d’administration sont les plus fréquentes (au contraire des demandes M&A qui statistiquement conduisent le moins souvent à un succès).

Le rôle des conseils

Certaines entreprises n’ont pourtant pas jugé utile de se faire accompagner par des conseils juridiques pour gérer ces questions. Ainsi en serait-il de Vivendi qui, selon nos informations, aurait choisi de gérer ses déboires en Italie sans avocat français. Rappelons qu’en mars dernier, le groupe français annonçait la démission de trois de ses représentants au conseil d’administration – dont celle de son secrétaire général, Frédéric Crépin – en « invoquant une tentative de démant èlement de l’opérateur de télécoms italien par le fonds Elliott ». D’autres groupes ont quant à eux pris la question très au sérieux. À l’image de Pernod Ricard, dont le PDG Alexandre Ricard est au premier rang pour discuter avec Elliott. La presse parle de trois réunions organisées en un peu plus d’un mois et Patricia Barbizet vient d’être nommée au poste nouvellement créé d’administrateur référent pour « assurer la relation entre le conseil d’administration et les actionnaires de Pernod Ricard, notamment sur les sujets de gouvernance » et « veiller au bon fonctionnement de la gouvernance de la société et formuler des propositions pour les améliorer et les renforcer ». Officiellement, les avocats sont très en retrait sur ces questions. En réalité, les grands noms du M&A boursier sont sur le pont. On parle notamment de Claude Serra, de Marcus Billam, d’Olivier Assant, sans oublier Bertrand Cardi ou encore Yannick Piette et Patrick Dziewolski. Mais comment peuvent-ils agir ? Le droit leur offre-t-il véritablement les moyens de prémunir leur client ? On se souvient de la plainte pour délit d’initié déposée par Lagardère à l’occasion de son AG en mai 2018, ou encore celle déposée par Rallye et Casino pour manipulation de cours, diffusion d’informations trompeuses et délit d’initié. Force est de reconnaître leur impact pour le moins relatif sur l’attitude des fonds…

Bien sûr des règles de marché existent, comme celles sur les franchissements de seuils. Mais elles ne suffisent pas. Et l’AMF se cantonne à un rôle de garant du bon fonctionnement des marchés, sans chercher à plus intervenir. Si quelques avocats tentent encore de faire évoluer l’autorité administrative sur sa position, Deloitte propose pour sa part aux dirigeants de « penser et agir comme des fonds activistes afin d’anticiper et d’éviter des polémiques publiques ou coûteuses ». « C’est en démontrant leur capacité à mettre en avant un plan de création de valeur convaincant pour l’actionnaire et les autres parties prenantes, que le conseil d’administration et le management seront en mesure de devancer les fonds activistes », conseille Vincent Battle, COO du Big en France. Neuf points clés sont proposés sur lesquels l’entreprise doit s’interroger : le rendement pour l’actionnaire (est-il faible par rapport à la performance des pairs ?), la structure du capital (est-elle complexe ou surendettée ?), le positionnement commercial (fait-on les bons investissements pour la croissance ?), le potentiel opérationnel (quel potentiel de rentabilité maximal peut-on espérer ?), sans oublier les interrogations sur la gestion de trésorerie, le plan de création de valeur et bien sûr la composition du conseil d’administration et la gouvernance. Avec un objectif essentiel : s’organiser pour devancer l’activiste.

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