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LVMH : LA CHUTE DU CLAN RACAMIER

La défaite d’Henry RACAMIER est consommée. Sitôt l’arrêt de la cour d’appel de Paris rendu jeudi 26 avril, il annonçait sa démission de ses fonctions de président de Louis Vuitton et de membre du directoire de LVMH. Dans sa chute, il entraîne trois membres du directoire de Louis Vuitton et de Louis Vuitton Malletier, Jean OGLIASTRO, André SACAU et Michel MISSOFFE. Dès le lendemain, Bernard ARNAULT, Pdg de LVMH, nommait Jean DROMER, actuel président de la Financière Agache, en remplacement de son rival.

Bernard Arnault peut savourer une victoire chèrement acquise. La cour, présidée par Myriam EZRATTY, lui a donné raison un peu plus d’un an après l’ouverture des hostilités judiciaires, à l’issue d’une procédure à rebondissements.

La rivalité entre les deux hommes et leurs clans s’était cristallisée autour d’une émission d’OBSA représentant 12 % du capital de LVMH et tombées pour la plupart dans l’escarcelle de Bernard Arnault, lui donnant ainsi le contrôle du groupe de luxe. La dernière offensive de Henry Racamier, le chef de file des familles Vuitton, de leur Holding, VIG, et des petits actionnaires de LVMH pour obtenir la nullité de l’émission de ses OBSA a donc échoué.

Dans son arrêt, la cour commence par juger non fondée l’irrecevabilité soulevée par le clan Arnault - les sociétés LVMH, Jacques Rober, Christian Dior et Financière Agache - au motif que les partisans d’Henry Racamier n’avaient pas mis en cause les représentants de la masse des obligataires. Aux termes de l’article 301 de la loi du 24 juillet 1966, expliquait-il, ces représentants ont seuls qualité pour assurer la défense des intérêts légitimes communs des obligataires. Mais la cour relève que l’action était dirigée contre la société elle-même et non les obligataires “dont les droits, même s’ils peuvent s’en trouver indirectement affectés, ne constituent pas l’objet de cette action”. Elle a ainsi rejeté cet argument auquel s’était rallié l’avocat général Gérard LUPI.

Les magistrats ont donc fondé leur décision sur l’absence d’intérêt à agir du clan Racamier. L’arrêt note ainsi que la cour s’est déjà prononcée sur ses intérêts matériel et moral. Il relève également que “l’atteinte invoquée au crédit de la société (par l’opération d’émission des OBSA, NDLR) n’est pas établie” et qu’à l’inverse, “on ne peut exclure qu’il ait à souffrir de l’annulation”. Après avoir souligné plusieurs autres contradictions, l’arrêt conclut que le clan Racamier est irrecevable “par défaut d’intérêt à agir”. Enfin, “à titre surabondant” les magistrats soulignent que le clan Racamier ne rapporte pas la preuve de la mauvaise foi de Bernard Arnault, bénéficiaire quasi-exclusif du “ramassage” des OBSA par la banque Lazard. Ils ont donc confirmé le jugement du tribunal de commerce de Paris qui rejetait le 19 janvier dernier la demande d’annulation des OBSA.

“Nous ne pouvons que nous incliner devant cet arrêt qui fait disparaître le dernier obstacle empêchant encore Bernard Arnault d’atteindre l’objectif qu’il a proclamé et poursuivi depuis plus d’un an : éliminer les dirigeants du groupe Louis Vuitton pour y prendre le pouvoir sans partage”, ont été forcés de reconnaître Henry Racamier, Jean Ogliastro et André Sacau dans un communiqué expliquant leur départ anticipé avant l’assemblée générale du lundi 30 avril qui les aurait sans doute évincés.

Dans cette dure journée pour Henry Racamier, une décision rendue dans la matinée par les hasards du calendrier au tribunal de commerce de Paris, présidé par Philippe GRANDJEAN, lui a sans doute donné du baume au cœur. Cette décision rejetait les demandes formulées par Bernard Arnault d’annulation de conventions et de lettre entre Louis Vuitton et son représentant exclusif en Asie, Bluebell. Dans son jugement, le tribunal rend hommage à la pertinence de ces accords. L’association des deux partenaires, écrivent les magistrats, a “débouché sur une véritable “explosion” des implantations dans ces pays nouveaux, du chiffre d’affaire global et des résultats financiers”.

Mais comme la justice était décidée à souffler le chaud et le froid, une troisième décision du tribunal de commerce, en référé cette fois, a débouté le même jour Henry Racamier de sa demande d’expertise de gestion sur les relations entre LVMH et sa filiale, les Parfums Christian Lacroix, d’une part, et Guinness, de l’autre.

L’ultime espoir pour le clan Racamier de récupérer le contrôle du groupe LVMH résiderait dans un pourvoi en cassation. Mais il serait de toute façon non suspensif et sans doute hasardeux. Dès lors, pour la première fois dans cette affaire, une évidence semble s’imposer : les jeux sont faits.

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