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QUEL AVENIR AU SEIN DE QUELLE STRUCTURE ?

Réseaux, associations, regroupements, accords de correspondance, GIE ou GEIE, le mouvement de concentration des firmes de droit continue, à l’international comme en France.Rapprochement, fusion, absorption, voie périlleuse de l’intégration… comme il y a deux ans (LJA n° 99, 30/12/91), la question demeure inchangée : quel avenir au sein de quelle structure ?Le choix de la forme reste dicté par le degré d’intégration que l’on souhaite. Une constante quelle que soit son option : procéder par étape, apprendre à bien connaître ses partenaires potentiels et être certain que l’objectif est partagé.

Une première constatation, le mouvement amorcé il y a quelques années a dépassé le phénomène de mode : relayé par des nécessités économiques croissantes, il perdure.

Notre dernière enquête avait répertorié 27 accords de rapprochement ou regroupement, ce numéro spécial de LJA, qui débute notre cinquième année d’existence, a compté dans ces colonnes au fil des semaines plus de 50 accords de ce type. A titre d’exemple, The Alliance of European Lawyers croit et multiplie, Omnijuris Consultants également, de même Network 92. Des labels aujourd’hui. D’autres ont adopté des sigles : IDC, JCS Group (l’ex Forum), ACL, Telfa, DSH, etc.

Tous ces regroupements, transnationaux ou non, formels ou non, intégrés à ces degrés divers, procèdent d’une même démarche : les cabinets face à la concurrence et à l’internationalisation ont compris qu’ils ne survivront pas isolés.

Les années 1992 et 1993 ont été riches en évènements qui illustrent cette réflexion. Telles les constitutions de nouvelles entités avec des partenaires français ou étrangers : Klein Goddard Associés, Stibbe Simon Monahan Duhot ; le cabinet Boccara Orengo qui a disparu au profit de Rogers & Wells, le cabinet Jacques Prats, Céline Moitry et François de Bourgerel qui a rejoint le nordique, Nauta Dutilh ; ou encore des fusions, Orlando et Kevorkian (Orlando Kevorkian Cocusse & Associés) ; Dupeux Lussan & Gallot ; Lefevre Pelletier & Associés ; Courdert Brothers à Londres avec Beharell Thompson ; Freres Cholmeley Bischoff, Cole Corette et Salans Hertzfeld Heilbronn…

Il y a également des rapprochements un peu moins formels : Jones Day-Du Granrut par exemple. La liste n’est pas exhaustive. Pour d’autres, il s’agit d’accords dans un domaine précis : Huglo-Lepage et Coopers & Lybrand CLC Juridique et Fiscal, par exemple.

Mais attention, il n’y a pas que des réussites, loin s’en faut. Nombreux étaient les curieux qui attendaient de voir évoluer l’essai de rapprochement Fidal-Rambaud Martel : ils ont vu.

Francis MEYRIER a brisé son alliance avec le britannique Simmons & Simmons (“les philisophies divergeaient”), le cabinet Manley a quitté celui de Pierre-Pascal BRUNEAU pour se tourner vers WGZ. Berlioz & Co et son partenaire espagnol n’ont pas poussé plus avant leur GEIE. De même, France Avocat Consultants (GIE constitué en 1990 par le cabinet Coblence et des cabinets de province) est arrêté.

Il est vrai qu’en affaires comme dans la vie, le plus difficile est de trouver le bon partenaire. Les recherches, prises de contacts et négociations plus ou moins poussées font légion et peuvent durer des années. Force est de constater que les “fiançailles” se transforment en peu de mariages. Les rapports de pouvoir n’y sont pas étrangers. On se demande souvent lequel des partenaires va manger l’autre et imposer son nom et ses pratiques.

Quelle que soit la nature de l’accord, on l’a vu, le regroupement répond à une nécessité économique. Le marché est de plus en plus international, le client de moins en moins fidèle et la concurrence plus âpre.

Pour s’affirmer ou simplement se maintenir, il faut être capable d’intervenir sur ce marché. Trois solutions s’offrent alors aux cabinets français qui restent encore, à quelques exceptions près, de taille moyenne : devenir la succursale d’un anglo-saxon, ouvrir des bureaux à l’étranger ou se regrouper.

La première solution, analyse Gérard MAZET, le grand gourou de l’Alliance en France, est la plus facile, mais si elle est financièrement avantageuse, elle présente des risques pour l’avenir”. La profession ne pourrait-elle survivre qu’au sein d’un vaste réseau mondial anglo-saxon ?

La seconde solution est coûteuse, en hommes, en temps et en derniers. Peu ont les moyens de cette option sur le long terme. “Le regroupement est donc l’alternative”.

Il permet entre autre une économie d’échelle. Cette enquête le confirme.

Si une majorité de ces regroupements visent encore à faciliter la coopération sans rechercher l’intégration, l’idée fait son chemin. Mais que recherche-t-on ? Un réseau de correspondants, une ouverture et une implantation à l’international, des complémentarités, voire même depuis plus récemment, du moins officiellement, une interprofessionnalité.

Dans un réseau de correspondants informels, les contraintes sont inexistantes : pas d’exclusivité, échanges ponctuels de dossiers, référencement, rarement échanges de collaborateurs. Il permet aux partenaires de préserver leur liberté de choix et un certain anonymat. C’est l’accord “dépannage” tel qu’il existe depuis toujours.

Mais aujourd’hui, la réflexion s’est développée. Les cabinets jouent la complémentarité géographique et disciplinaire, développent des services communs, des structures communes, réduisent par là-même leurs coûts, échangent des collaborateurs, des savoir-faire, constituent des groupes de travail.

Souvent long à se mettre en place, le réseau se révèle être un véritable outil de travail. Il permet d’offrir un service complet plus rapide au client et facilite l’accès à l’information sur les différents droits, les pratiques, et ouvre également la voie à des actions communes : marketing, cycles de formation, colloques, communication, publications. Bref, de se constituer une véritable image de marque, de raisonner en entrepreneur.

Quant à l’intégration totale et effective, elle reste pour bon nombre un objectif mais souvent difficile à atteindre.

Pour Christian GERIGNY, initiateur d’Interjuris et d’Eurojuris, il s’agit d’un pari politique. “Pour ce faire l’avenir doit prouver que les professionels libéraux sont capables de fédérer leur efforts, de s’organiser, et de s’imposer une discipline, conditions nécessaires pour une intégration réussie”.

Bien entendu, un réseau ne vit pas seul, ceux qui ont fait machine arrière reconnaissent qu’on ne peut se contenter d’un papier à en tête. “Tant que l’on reste un club avec des relations souples donc superficielles, le réseau ne peut guère évoluer, explique Georges SELNET, de Globalex ; en revanche, lorsqu’il existe des relations plus étroites, il y a coopération et c’est plus constructif”. Pour Yves-Marie MORAY d’Eurolaw,soit il s’agit uniquement d’un réseau de contacts, soit c’est un GEIE, c’est-à-dire l’équivalent d’un cabinet de grande taille sans ses inconvénients et avec des frais de structure limités”.

Mais selon Jules-Marc BAUDEL,le problème de l’exclusivité demeure”. Difficiles à instaurer entre les partenaires et à imposer aux clients, les relations exclusives sont souvent remplacées par des relations privilégiées. Le secret professionnel et les conflits d’intérêts nécessitent également une gestion serrée de ses relations avec les partenaires. Quant au risque de détournement de clientèle, il est immanent à ce genre d’accord. C’est un risque à courir.

Pourtant tous se rejoignent sur un point : ceux qui attendent du réseau un apport significatif de clientèle se trompent lourdement. Il va plus loin, comme le fait remarquer Marie-Noëlle LAEMLE, membre d’Omnijuris, pour qui le terme de réseau semble inapproprié : “il sous-entend de se passer des dossiers et faire partie d’un annuaire. Or, notre démarche va plus loin car nous travaillons ensemble comme un cabinet intégré”.

Et les clients dans tous cela ? Constitués pour répondre à leurs supposées attentes, ils réagissent de manière variable à ces regroupements.

Il y a deux écoles. Ceux qui effectivement, au delà du petit show médiatique que la constitution d’un tel accord occasionne, vont trouver garantie de sécurité, gain de temps, satisfaction. Les autres, ceux qui disposent déjà de leur propre réseau de cabinets, n’en changeront que rarement. Le client a aussi ses habitudes.

Compte tenu de ces nombreux regroupements de cabinets, Jules-Marc Baudel se demande si les gros cabinets imposeront leurs lois où si les cabinets de taille moyenne pourront rester indépendants et continuer à correspondre via des réseaux.

Participant notamment à la réflexion du Conseil de l’Ordre sur le sujet, ce dernier explique à quel point le Conseil est dépassé par le nombre de réseaux de toute sorte qui se créent : “Le désordre est total et l’on assiste à des conventions dont les conditions d’accords de collaboration ont été élaborées sans cadre donné comme par exemple le partnership”. Bref des accords difficiles à gérer. Pour l’instant le Conseil de l’Ordre prend acte de ce foisonnement, laisse faire tout en menant une réflexion sur le problème pour éviter les dérives. “Créer un barreau européen fait l’objet d’une solution parmi d’autres.

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