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LA BAISSE DU COUT DU TRAVAIL ET L’AFFECTATION DES GAINS DE PRODUCTIVITÉ

Après avoir traité des nouvelles relations sociales dans l’entreprise (baromètre du 1er semestre 1994), l’IFEC (l’Institut Français des Experts-Comptables) s’est penché sur le problème du coût du travail, qu’aujourd’hui tout le monde s’accorde à considérer comme un frein à la compétitivité des entreprises des pays industrialisés, 9 experts-comptables sur 10 partagent ce point de vue. Mais quels seraient les moyens dont disposent les entreprises pour faire baisser ce coût ?

La solution qui arrive en tête et de très loin (62 %) consiste à baisser les charges sociales et fiscales. Rappelons, en effet, que dans le coût du travail on intègre, outre la rémunération du travail, les charges sociales et fiscales destinées au financement de la protection sociale.

Mais tous les organismes sociaux étant en situation financière précaire voire, pour certains, en quasi état de cessation des paiements, on voit mal comment on pourrait diminuer leurs ressources sans diminuer parallèlement le niveau de la protection sociale collective.

La seconde solution retenue (15 %) parmi celles proposées consiste à augmenter le temps de travail sans modifier la rémunération. Voilà une option qui susciterait bien des réactions. Mais ne faut-il pas rechercher des mesures nouvelles aptes à renforcer la situation financière des entreprises, condition nécessaire au développement de l’emploi durable et stable ?

La baisse des salaires n’est pas une solution envisagée par les experts-comptables (6 %). Ce qui se comprend fort bien lorsque l’on sait que les salariés ne sont pas disposés à accepter une baisse de leur rémunération tout au moins sur le court terme. En effet, comment pourraient-ils faire face à leurs engagements, notamment aux remboursements de leurs emprunts avec une diminution des ressources du ménage ?

C’est d’ailleurs par crainte de ce risque qu’au cours de ces deux dernières années, la consommation a diminué au bénéfice d’une épargne de sécurité.

Enfin, compenser le surcoût du travail par des subventions ne recueille l’assentiment que de 5 % des personnes interrogées. Les experts-comptables, hommes de terrain en contact permanent avec les entreprises et leurs dirigeants, sont donc favorables aux principes de l’économie libérale, limitant autant que faire se peut les interventions de l’Etat.

Parmi les autres propositions, on retrouve le plus souvent cités, la fiscalisation d’une partie du coût de la protection sociale, l’assouplissement de la réglementation du travail, l’amélioration de la productivité, la réduction des contraintes administratives, la remise en cause de certains avantages acquis.

L’affectation des gains de productivité

A propos des gains de productivité, certains préconisent de les affecter en compensation du maintien du coût de travail : est-ce réellement une solution pour compenser le surcoût du travail par rapport aux autres pays ?

La réponse de la profession comptable est nette : 70 % ne partagent pas ce point de vue. Alors se pose une réelle question de société : à qui doivent aller en priorité les gains de productivité ? Aux entreprises, aux consommateurs, aux salariés, aux actionnaires, à l’Etat et aux organismes sociaux ?

Là encore les experts-comptables se montrent pragmatiques en considérant que les gains de productivité doivent d’abord rester dans l’entreprise, lui permettant ainsi de restaurer ses marges et sa capacité d’autofinancement afin d’assurer son développement (42 %).

Ils estiment qu’ensuite les gains de productivité doivent être rendus aux consommateurs en réduisant les prix de vente des produits vendus (23 %) améliorant ainsi la compétitivité des entreprises.

Ce n’est qu’en troisième lieu que les salariés peuvent recevoir une partie de ces ressources nouvelles (17 %). Viennent enfin : le financement de la formation des jeunes (8 %) et des salariés, le maintien des avantages sociaux par une augmentation des cotisations sociales et fiscales (5 %), et enfin la rémunération du capital par le versement de dividendes (4 %).

En conclusion, on peut constater que si tout le monde s’accorde pour considérer que le coût du travail est devenu dans les pays industrialisés et particulièrement en France, un frein à la compétitivité des entreprises, les remèdes ne pourront être facilement apportés. En effet, comment réduire les ressources affectées à la prestation sociale sans diminuer les prestations ? S’il faut réduire les charges sociales et si l’on ne peut pas réduire les salaires, alors il faudra travailler plus pour un même revenu. Mais quelles en seront les répercussions sur le chômage, principal fléau de notre économie ?

Certes, les gains de productivité pouvant encore être réalisés sont susceptibles de fournir quelques ressources supplémentaires. Mais à qui doivent-ils être affectés ? La réponse est claire : les ressources supplémentaires doivent être conservées par l’entreprise qui est la seule qui pourra en assurer une répartition adaptée aux circonstances économiques et à sa situation particulière, les actions à privilégier étant l’assainissement de sa situation financière avant toute autre chose.

Sachant que l’emploi ne peut durablement se développer que dans des entreprises financièrement saines, cette préférence des experts-comptables pour privilégier l’entreprise est très certainement la voie de la sagesse.

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