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CE QUE GAGNENT LES AVOCATS D’AFFAIRES

Des rémunérations élevées dans l’ensemble. Des écarts se creusant sous l’effet du mérite. Tels sont les principaux enseignements de l’enquête que nous publions. Ces résultats corroborent d’ailleurs les conclusions d’autres études sur le sujet.

Encore faut-il modérer ce constat par deux éléments. Le nombre d’heures travaillées dépasse de beaucoup les horaires conventionnels et en tant que professions libérales, les avocats d’affaires doivent constituer eux-mêmes leur retraite. Par ailleurs la tendance à l’individualisation des rémunérations est contrebalancée par un souci croissant de transparence dans la connaissance des rémunérations au sein des cabinets.

Cette enquête a été réalisée auprès des principaux cabinets d’avocats d’affaires qui ont bien voulu répondre à nos questions. Il va sans dire que les données chiffrées apportées (salaires mensuels bruts sur douze mois) ne peuvent se lire qu’en termes de moyenne ou de fourchette de rémunération pour tel avocat à un moment donné de sa carrière et que toute interprétation générale ne peut se faire qu’à la lueur de cette réserve.

Notre objet a été de suivre tout au long de sa carrière l’évolution de la rémunération d’un avocat d’affaires et de dégager des moyens de comparaison entre les cabinets.

Avant de passer en revue ces tendances, notons que le souci partagé d’assurer des niveaux de rémunérations de qualité à leurs collaborateurs répond à un objectif commun des cabinets : mieux mobiliser le personnel pour lui permettre d’accéder le plus souvent possible à la voie royale de l’association. Et pour certains, le plus rapidement possible : après quatre ans seulement chez Thieffry & Associés, alors qu’il faut en général sept ans pour devenir associé. D’autres prévoient même un intéressement pour leurs collaborateurs comme chez Berchebru & Associés, Baudel, Salès, Vincent & Georges et Klein & Associés.

Les débutants : La fourchette de leurs rémunérations va de 10 000 à 20 000 francs, avec une forte proportion autour de 13 – 14 000 francs. L’amplitude est forte parce qu’elle traduit une double tendance.

Ou bien l’on rémunère les débutants d’une façon assez uniforme et en général plutôt dans le bas de la fourchette, cela quel que soit leur formation, comme chez Jeantet (voir encadré). Ou bien le prestige du diplôme du débutant induit des différences assez importantes de rémunération. C’est le cas chez Gide ou chez Monahan & Duhot (respectivement 14 000 à 18 000 et 15 à 20 000 francs). Enfin un diplôme, ou une petite expérience américaine est un bonus dans tous les cas de figure, de même que l’anglais est un must et la connaissance d’une seconde langue (l’allemand souvent) est bienvenue.

Après trois ans d’expérience. Les “anciens débutants” ont presque doublé leur rémunération de départ et les salaires atteignent 25 000 francs. Mais les écarts commencent à se creuser. Entre en effet en ligne de compte un élément important que tous les cabinets interrogés prennent en considération : le mérite de chacun. Ce qui donne parfois comme au cabinet Gide, Loyrette, Nouel, au cabinet Giroux, Buhagiar & Associés ou au cabinet De Ricci, Selnet & Associés, des différences de rémunérations importantes entre collaborateurs parvenus à ce stade de leur carrière. Nombre de cabinets essayent pourtant de maintenir parallèlement une harmonie entre les rémunérations de leurs collaborateurs. Cela dans un but de transparence et peut-être de qualité de relation. C’est par exemple le cas chez Dubarry et Associés ou Thieffry & Associés.

Après six ou sept ans. Peu avant que ne s’ouvre l’accès à l’association, le mérite joue à plein. Les différences de rémunération entre cabinets ont tendance à se creuser encore. Elles vont de 35 000 francs à 50 voire 60 000 francs. Ancienneté, mérite et notoriété dans le secteur conditionnent la rémunération des collaborateurs.

Les associés. Un associé démarre à 35 000 francs dans les cabinets interrogés, et c’est un minimum. En dépit de l’épais voile de pudeur qui entoure encore cet aspect, nul doute qu’à l’autre extrémité, les plus expérimentés dans les grands cabinets émargent à plus de 20 000 francs par mois. La politique d’un certain nombre de cabinets est toutefois de réduire avec le temps les écarts entre les associés les plus jeunes et leurs aînés. Une telle préoccupation est marquée chez Dubarry & Associés. Jeantet ou ASA, pour ne citer qu’eux, où cinq, six ans après l’association, l’associé se retrouvera avec un niveau de rémunération sensiblement équivalent à celui de ses aînés.

Cabinet Jeantet : “ne pas surpayer les débutants”

“Je ne vous augmenterai pas tant que je vous verrai partir déjeuner tous les jours à treize heures comme un fonctionnaire.” C’est Claude Lazarus, associé au cabinet Jeantet L’Eleu, et responsable du recrutement qui parle, et s’il utilise plaisamment ce ton un peu martial, c’est pour illustrer le souci de disponibilité qui est demandé aux collaborateurs anciens et nouveaux. C’est lui qui a la haute main sur les évolutions de carrière des 80 collaborateurs du cabinet et qui reçoit complaintes et doléances de chacun. Plus que sur les chiffres des retrocessions d’honoraires, il tient à mettre l’accent sur la politique de mobilisation : “elle est basée sur le fait que les collaborateurs deviendront associés. Nous n’aimons pas les étoiles filantes”. A l’entrée, “nous ne les surpayons pas”, reconnaît-il (14 000 francs environ, pour un DEA en droit civil, c’est ce qu’il préfère). “Ne soyez pas trop exigeant au début car on risque de mal s’entendre”, demande-t-il à ses débutants. Après une période probatoire de six mois, la rémunération peut augmenter substantiellement.

Ensuite, le cabinet pratique la rémunération au mérite mais pas trop. Les différences sont relativement faibles. On craint les conflits et les rancœurs personnelles qui naîtraient d’une opacité en matière de rémunération. Et puis il y a ce quelque chose de diffus que l’on appelle l’esprit maison. Chez Jeantet, en général, on fait carrière. La maison s’enorgueillit ainsi de n’avoir pas vu partir le moindre de ses associés depuis sa fondation en 1960.

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