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International : ne plus être spectateur

Nous publions ici des extraits du discours que Paul-Albert Iweins a prononcé, le 19 septembre, à la bibliothèque de l’ordre, dans le cadre de sa campagne pour le dauphinat.

Depuis moins de 2 ans, nous assistons à une véritable révolution du marché du droit en Europe, révolution qui touche significativement la place de Paris. À titre d’exemple, de grands cabinets anglais très structurés (Allen & Overy, Freshfields, Clifford Chance, Linklaters, Eversheds…), fort pour certains d’entre eux de plus d’une centaine d’associés, s’unissent à des cabinets allemands de même taille, voire des cabinets italiens pour créer des firmes globales dont les associés sont de nationalité différente.

Les cabinets américains ont pu également développer cette stratégie d’internationalisation même si, depuis quelques années, l’incroyable croissance économique outre-Atlantique ne les a pas particulièrement incités à compléter leur développement en Europe.

On voit ainsi très clairement se dessiner aujourd’hui deux démarches pour l’international :

– une stratégie de firme possédant un même nom, une organisation unique, un management identique et une intégration économique complète, c’est le concept de la firme globale ;

– une stratégie de firme consistant pour les cabinets à demeurer indépendants économiquement mais en créant des liens privilégiés, avec une intégration intellectuelle forte, avec d’autres cabinets à l’étranger : c’est le concept de « Best Friend Policy ».

Et les cabinets français dans tout ça ? Les cabinets français ont-ils les ressources nécessaires pour lutter à armes égales avec leurs concurrents étrangers dans ce nouveau concert international ? Sempiternelle question. Décourageante réponse ? Pas sûr !

La réponse est incontestablement NON lorsque l’on constate les faits et le retard pris par les cabinets français en ce domaine (à l’exception de quelques uns), soit en raison de politiques internes inappropriées (on retrouve là le drame des scissions) ou des choix de stratégie de développement non pérenne, car coûteux et à faible valeur ajoutée.

La réponse est encore NON lorsque l’on voit le peu de considération que les pouvoirs publics ont généralement accordé à cet aspect du développement de la profession d’avocat : aucune aide à l’exportation, impossibilité pour les cabinets de recourir aux services de la Coface, aux prêts Sofaris, aucune préférence française exprimée par les pouvoirs publics eux-mêmes dans le choix de leurs conseils sur des opérations majeures.

Ce constat est d’autant plus grave que, lorsque l’on interroge nos clients ou même nos confrères membres des cabinets cités ci-dessus, tous regrettent qu’il n’y ait pas suffisamment de cabinets français compétitifs pour créer une alternative et une saine émulation.

Cependant, la réponse est OUI quand on connaît la qualité des avocats de notre barreau et leur esprit d’entreprise et d’orientation vers l’étranger et l’exportation.

La réponse est encore OUI lorsqu’on voit la culture des nouvelles générations d’avocats et leur aptitude évidente à affronter le grand large de l’international, avec leur tête bien faite et un atout formidable : le droit civil français, dont les vertus sont grandes.

La réponse est sûrement OUI lorsqu’on lit le rapport Nallet et le très fort appel qu’il lance à la profession pour relever ce défi.

La réponse est définitivement OUI lorsqu’on voit la place importante qu’ont pris certains avocats français dans les cabinets étrangers, et pas seulement au niveau parisien.

Face à cette situation et ces différentes stratégies de firme, que peut faire l’ordre de Paris et son bâtonnier ?

– Tout d’abord, dire un certains nombre de choses simples sur le fait que le monde est global et que, dans ce monde là, la création de la grande profession européenne est une nécessité. Bref, avoir une vision globale et mettre en place une véritable politique internationale. Je salue à cet égard la décision prise par notre ordre de ne pas attendre la promulgation de la loi de transposition de la directive liberté d’établissement de février 1998 pour permettre aux avocats français de solliciter immédiatement leur inscription à un autre barreau européen, soit individuellement, soit en association avec des confrères étrangers pour développer notre activité.

– Ensuite, et surtout, créer les conditions : intellectuelles (réforme de la formation), structurelles (politique de l’ordre en matière de pérennité des structures), économiques (lobbys auprès des pouvoirs publics pour faire évoluer la réglementation permettant un développement de notre barreau vers l’international) et déontologiques (réexamen des règles en matière de communication externe, notamment pour les réponses aux appels d’offres) pour ne plus être spectateurs, mais être réellement acteurs.

– Inciter également les avocats français membres de ces cabinets étrangers à prendre davantage encore de places de responsabilité dans l’organisation de ces cabinets.

– Enfin, dire à tous nos confrères étrangers installés à Paris que dans l’égalité des chances d’accès au marché, l’égalité des règles déontologiques, fiscales et structurelles, ils sont vraiment les bienvenus, notamment parce qu’ils embauchent et forment de très bons jeunes avocats, ce qui est bon pour eux certes, mais aussi pour notre barreau en général.

Dire, cependant, que la dérégulation proposée par certains zélotes du libre-échangisme à tout crin, qui ne prendrait pas en compte la situation économique actuelle et le déséquilibre évident dans le rapport des forces que l’on peut constater, continuera à ne pas être accepté par l’ordre de Paris si je suis élu. Face aux stratégies de firmes, il est faux de prétendre que les ordres, et celui de Paris en particulier, sont impuissants. L’évolution du débat autour des réseaux multidisciplinaires et du Foreign Legal Practicioner est là pour le démontrer.

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