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QUE LE MEILLEUR GAGNE !

Les 20 et 21 novembre prochains se tiendront les élections des représentants au Conseil de l’ordre. Nous vous proposons ici un entretien croisé de deux des candidats au bâtonnat (les seuls qui nous aient contacté) : Jean-Marie Burguburu et Paul-Albert Iweins.

LJA : Traditionnellement, les élections ordinales mobilisent peu le barreau. Seul 1 avocat sur 5 environ se déplace pour choisir ses représentants. Quels sont, d’après vous, les arguments qui seraient susceptibles de les convaincre de se déplacer ?

Jean-Marie Burguburu : Votre affirmation doit être nuancée : le taux d’abstention est élevé, mais c’est plutôt 1 avocat sur 4, voire sur 3, qui vote.

Deux phénomènes ont, semble-t-il, érodé l’intérêt des confrères pour les élections : la réforme de 1990 et son application ont fait, pendant longtemps, que les anciens conseils juridiques, qui s’estimaient insuffisamment représentés, ont peu participé aux élections et l’arrivée massive de jeunes avocats, connaissant peu les candidats, ont, depuis quelques années, augmenté le nombre des électeurs tout en diminuant celui des votants.

Faire ces deux constatations, c’est déjà pour partie vous répondre. Il faut intéresser à nos élections les jeunes et ceux qui fréquentent peu le Palais. Il faut aussi que la qualité et la personnalité de nos Bâtonniers successifs et des membres du Conseil de l’Ordre incitent nos confrères à faire vivre nos institutions. Enfin, le vote par correspondance, indispensable, et auquel je suis favorable, facilitera une meilleure expression du suffrage.

Paul-Albert Iweins : Votre question reflète un pessimisme que je ne partage pas. En effet, il y a deux ans, pour l’élection de Francis Teitgen comme dauphin de notre ordre, plus de 6 000 avocats de Paris s’étaient déplacés sur un total de votants, à l’époque, légèrement supérieur à 12 000. C’est donc plus de 50 % du corps électoral qui s’était déplacé pour donner à Francis Teitgen et à son conseil le mandat de réformer l’ordre en profondeur. Pour l’élection des 20 et 21 novembre 2000, la problématique est la même : poursuivre la réforme de l’ordre qui ne peut pas se faire en dix mois, ni même en deux ans, ou retourner en arrière et à l’immobilisme proposé par certains. Je pense que les avocats de Paris seront mobilisés compte tenu de l’enjeu.

La campagne de dialogue que j’ai menée dans le Barreau et mes nombreux contacts, notamment dans les cabinets pratiquant le droit des affaires, me rendent très optimiste sur cette mobilisation du Barreau et sur le regain d’intérêt pour l’institution du fait de la prise de conscience que la réforme est en marche et qu’il faut la poursuivre.

Deux signes, à titre d’exemples :

– il y a 31 candidats pour 12 sièges de membres du Conseil de l’Ordre. Cela n’était pas arrivé depuis longtemps ;

– lors de ma réunion publique sur « L’ordre et nous » du 6 novembre 2000, l’auditorium de la Maison du barreau était archicomble et plus de 400 confrères m’avaient fait l’honneur et la joie de leur présence à cette réunion, au cours de laquelle j’ai pu développer mon projet pour le barreau de Paris.

LJA : Les avocats sont connus pour leur propension à se diviser. Des progrès sont cependant décelables. Les 3 institutions représentant la profession (CNB, Conférence des bâtonniers et barreau de Paris) parlent désormais d’une même voix sur de nombreux sujets, organisant par exemple des conférences de presse communes. Si vous êtes élu, continuerez-vous dans cette voie, et comptez-vous aller plus loin en laissant le CNB s’exprimer seul dans les domaines qui sont de son ressort ?

JMB : Longtemps, la profession d’avocat a souffert de la cacophonie de ses trop nombreux représentants, il faut se réjouir des efforts faits pour que le barreau parle d’une seule voix. Dans le respect de la loi, il est naturel que le Conseil national des barreaux joue pleinement son rôle et s’exprime seul dans les domaines de son ressort. Il est aussi naturel que le barreau de Paris pèse à travers ses élus de tout son poids dans les décisions du CNB quand, par exemple, il traite des problèmes spécifiques des barreaux à vocation internationale, ou encore des barreaux aux membres nombreux. Les rapports entre le bâtonnier de Paris et l’association qu’est la Conférence des bâtonniers sont meilleurs ; nombreux sont les sujets d’intérêt commun, il faut par la concertation s’efforcer de trouver des réponses communes.

PAI : Je continuerai sans hésitation la politique engagée par Francis Teitgen pour rechercher avec le Conseil national des barreaux et la Conférence des bâtonniers l’expression des revendications communes à la profession, dans cette logique unitaire qui s’appelle : Parler d’une seule voix. Mais le barreau de Paris, si spécifique par le nombre de ses membres, sa position dans la vie politique et sociale de notre République, doit continuer à être en avance sur les questions professionnelles pour entraîner la profession toute entière.

LJA : La majorité de nos lecteurs sont des juristes d’entreprises. Quel message souhaitez-vous leur adresser, notamment sur l’épineuse et sempiternelle question de la fusion des deux professions ?

JMB : Sur cette question, il faut esquisser un souhait et proposer une méthode. Le souhait c’est qu’un peu de temps soit laissé à la nouvelle profession d’avocat pour parfaire son unité avant de s’engager dans de nouvelles fusions. La méthode serait d’étudier, par le biais d’une commission paritaire, la levée des obstacles administratifs et déontologiques à une fusion entre les deux professions. Je pense par exemple aux régimes sociaux notamment de retraite ou à un problème comme celui du secret professionnel. Ce serait alors sur des bases claires et précises que pourrait s’apprécier l’opportunité d’une fusion entre les deux professions. Dans l’intervalle, il faut impérativement favoriser le passage entre les deux professions, dans un sens et dans l’autre.

PAI : J’ai été, chacun le sait, un de ceux qui ont été très actifs pour réaliser l’unification avec les conseils juridiques. De même, je suis frappé, lorsque je me rends chaque année au congrès annuel de l’American Bar Association, de l’extrême puissance de la profession américaine qui unifie les différentes formes d’exercice du droit.

Cependant, dans notre pays, une nouvelle étape me paraît prématurée. Les attaques convergentes des eurocrates et autres bureaucrates français, ainsi que malheureusement de certains magistrats, contre le secret professionnel notamment, rendent indispensable d’attendre. Il serait trop facile à ces démagogues de jouer sur la « corde sensible » de la création d’« îlots de secret » à l’intérieur de l’entreprise.

Je demanderai cependant aux organisations représentatives du barreau (syndicats, associations) de poursuivre la réflexion sur cette perspective, qui demande beaucoup de temps et de préparation culturelle et intellectuelle.

LJA : Le 14 décembre prochain, se tiendra un colloque sur le thème du Marketing et de la communication dans la déontologie des avocats. Quelle est votre position sur le sujet ? Faut-il revoir l’interdiction faite aux avocats français de mentionner le nom des clients qu’ils conseillent – alors que les avocats anglo-saxons, parmi d’autres, peuvent y faire référence, et ce à l’heure d’Internet ?

JMB : Il faut améliorer la communication des avocats ; le marketing ne peut plus être exclu. La déontologie devra être adaptée. Déjà, pour la mention des clients (entreprises), deux exceptions sont admises : lorsqu’un avocat français répond à un appel d’offre international, le référencement est toléré s’il constitue l’une des conditions du cahier des charges. De même, les cabinets français installés à l’étranger peuvent, dans leurs plaquettes, évoquer leur clientèle d’entreprise, à la double condition que les règles du pays d’accueil l’autorisent et que les plaquettes ne reviennent pas sur le territoire national.

Il faudra sans doute aller plus loin à cause de la concurrence. La profession le décidera dans les années qui viennent et, si j’en suis en charge, ce sera après une large concertation de l’ensemble du barreau.

PAI : Je suis favorable à l’idée de lever l’interdiction faite aux avocats parisiens de pouvoir répondre à des appels d’offres internationaux ou internes pour présenter ce que les anglo-saxons appellent leur « track record ». Avec l’accord préalable de chaque client, il ne s’agit en effet pas seulement de citer le nom des clients, mais de dire aussi quelles activités le cabinet a développées en travaillant avec les clients cités.

LJA : Enfin pourquoi voter pour vous ?

JMB : Un bâtonnier, ce n’est pas seulement un programme ou un passé militant, c’est avant tout une large connaissance du milieu professionnel, une volonté d’agir pour le développement des cabinets et une capacité d’action et de relations avec les interlocuteurs du barreau. J’estime, à ces divers titres, être le mieux placé des candidats.

PAI : Le Barreau connaît mon projet qui est essentiellement de poursuivre la réforme de l’ordre pour plus d’impartialité, d’efficacité et de transparence de notre institution commune. Mon projet a été développé dans mes différentes interventions publiques, publié et disponible sur mon site www.iweins.com.

Plusieurs centaines de confrères, dont de nombreux membres très connus de cabinets d’affaires, ont appelé par ailleurs à voter en ma faveur par un appel du 6 novembre 2000 sur la base de ce projet global, clair et cohérent. Vous me demandez de le dire en quelques mots, je leur redis donc : poursuivons ensemble la réforme et la construction de l’ordre moderne dont notre grand barreau a besoin !

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