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France-Canada : le rendez-vous manqué

Des échanges commerciaux relativement importants, une langue et une culture communes, des liens historiques forts. Autant d’éléments qui auraient dû rapprocher les avocats français et canadiens. Pourtant, les cabinets canadiens sont aussi peu représentés en France que les cabinets français le sont au Canada. Explications.

« Il y a de la place pour les cabinets canadiens, mais ouvrir un bureau signifie mettre en œuvre de la volonté, des moyens financiers… ça demande du temps et de l’argent », explique Jean-Baptiste Guillot, du cabinet français Reinhardt Marville Torre, à Paris. « Tout le monde n’est pas forcément prêt à fournir autant d’efforts ».

En effet, pour l’heure, aucun cabinet canadien n’a ouvert, sous sa propre dénomination sociale, de bureau en France.

Et un seul cabinet est représenté dans les deux pays, le cabinet Lette & Associés, cabinet français, qui s’est ensuite implanté au Canada.

Ogilvy Renault et Stikeman Elliott, notamment, ont bien, par le passé, tenté l’expérience. En vain. Aujourd’hui, moins de dix cabinets canadiens sont représentés en France. Ils ont contracté, avec des structures françaises, différents types d’alliance. Ainsi, Reinhardt Marville Torre a établi une correspondance organique internationale avec le canadien Davies Ward Phillips & Vineberg (DWPV). Si aucun lien capitalistique ne les unit encore, ils envisagent à terme « un rapprochement significatif ».

D’ailleurs, DWPV évoque Reinhardt Marville Torre comme son bureau français. Le cabinet canadien Joli-Cœur, Lacasse, Geoffrion, Jetté, St-Pierre est membre, quant à lui, avec les cabinets LMT Avocats et Lamy Lexel, de PLG-Pannone Law Group, un groupement européen d’intérêts économiques. Par ailleurs, certaines autres structures, telles Fasken Martineau travaillent très régulièrement en lien avec des cabinets français, mais sans avoir établi, jusqu’à présent, de relation privilégiée avec un cabinet en particulier.

Pourtant, les intérêts réciproques sont nombreux. Pour les cabinets français jeunes ou de taille moyenne, travailler avec des cabinets canadiens ouvre une porte sur l’Amérique du Nord, bien plus accessible que les immenses cabinets américains. « Il vaut mieux un cabinet dans lequel on se retrouve culturellement, que le nec plus ultra américain ou anglo-saxon », remarque Antoine Dérot, chez Reinhardt Marville Torre.

Ouverts, bilingues, efficaces, mobiles… les avocats canadiens jouissent d’une excellente réputation. Certains cabinets français, qui ne s’y sont pas trompé, engagent de jeunes collaborateurs canadiens. Ainsi, Gide Loyrette Nouel recrute régulièrement, depuis 4 ans et à l’initiative de l’associé canadien John D. Crothers, nombre d’avocats stagiaires canadiens.

« Les canadiens ne ressentent pas nécessairement le besoin d’être représentés par des avocats qui connaissent bien leur pays », remarque d’ailleurs Jean-Baptiste Guillot. Les entreprises canadiennes installées en France sont « probablement plus souples et moins sélectives. Elles font davantage confiance aux cabinets franco-français », renchérit Antoine Lemétais. Lors de l’acquisition d’Alcan par Péchiney, par exemple, les deux groupes ont choisi des représentants français et américains, « c’est très symptomatique », confirme Jean-Baptiste Guillot.

À cela s’ajoute le coût d’une expansion hors-frontières. Envoyer un associé à plein temps ouvrir un bureau dans les quelques arrondissements chics de Paris prisés par les avocats revient extrêmement cher. « Quel plus, par rapport à la structure que j’ai choisie, cela m’apporterait-il, hormis des coûts supplémentaires ? », se demande François-Xavier Simard, associé de Joli-Cœur Lacasse, qui vient plusieurs jours par mois à Paris, travailler dans les locaux de LMT Avocats, où personnel et bureau sont mis à sa disposition.

Autre raison souvent invoquée : la prédominance des avocats américains et anglo-saxons sur le marché. Selon Pierre-André Themens, l’un des trois managing partners de DWPV, « les canadiens se sont probablement réveillés trop tard. Quand ils ont réalisé qu’il serait intéressant d’aller s’installer en France, la place était déjà prise ». Bruno Arnould, chez Fasken Martineau à Montréal, va dans le même sens. Il estime qu’il y avait « peut-être de la place, il y a 25 ans. À cette époque, les cabinets français étaient, sauf exception, moins organisés. Il s’agissait davantage de petites structures, moins informatisées, et moins structurées qu’aujourd’hui. Les Américains et les Anglo-saxons ont alors pu s’installer sans trop de difficultés. Mais depuis plusieurs années, les Français se sont très nettement ressaisis et sont devenus de redoutables concurrents des cabinets anglo-saxons et américains installés à Paris ».

Le volume actuel d’échanges commerciaux entre la France et le Canada ne peut par ailleurs justifier l’ouverture d’un bureau en France. Si la France était le deuxième investisseur étranger au Canada, derrière les États-Unis, en 2002, elle ne se plaçait en revanche qu’au 7ème rang européen des investissements canadiens à l’étranger. De l’avis de tous, elle n’est pas, aujourd’hui, une destination rentable. Mais, selon Antoine Dérot, « les échanges vont en s’accroissant entre les deux pays, qui ont des prises d’intérêts conjoints. Le marché du droit est très concurrentiel, il y a des voies à explorer ».

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