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Juristes et bloggers : un avocat azerty en vaut deux

Peu d'avocats français tiennent un blog, très à la mode chez leurs confrères anglo-saxons. Ces chroniques personnelles nourries de matière juridique ont pourtant leur public et la profession a tout à gagner avec ce nouveau mode de communication grand public. À condition de respecter quelques règles.

Dans l'Hexagone, les blogs d'avocats se comptent sur les doigts d'une main. Peu étonnant : un blog, c'est un journal intime partagé – drôle d'oxymore – avec le monde entier, sur le web. On y dit ses passions, on y raconte sa journée, mais surtout, on y chronique la vie, la politique, le monde tel qu'il va. Comment intégrer dans la blogosphère les rêveries d'un juriste solitaire ? « Il faut définir une ligne éditoriale, savoir ce que l'on veut écrire. Cette difficulté est l'un des freins au développement des blogs d'avocats », souligne Olivier Sanviti, l'un des pionniers du genre avec http://avocat.blogs.com. Car un blog n'est ni un site de présentation d'un cabinet, ni un espace de consultation en ligne. À chacun de trouver sa petite musique pour séduire l'internaute.

Un anonyme très « bavard »

Le pittoresque et mystérieux « maître Eolas » – avocat au barreau de Paris, qui tient à son anonymat – saisit parfaitement le ton du moment sur son blog éponyme (http://maitre.eolas.free.fr). Quelques soupçons de journal de Bridget Jones (on y apprend qu'il aime à se préparer, dans son cabinet, une tasse de « grand Yunnan impérial, infusé trois minutes dans une théière du Yixing »), une bonne dose d'humour (« la profession est-elle remplie d'incompétents et de malhonnêtes qui facturent prou et font peu ? » : rassurez-vous, il répond par la négative) et, bien entendu, beaucoup d'informations. Maître Eolas a choisi la causticité dans le style mais la rigueur dans l'information, l'impertinence de ton liée à la pertinence du propos. Ainsi, lorsqu'il commente les articles des rubriques juridiques d'un grand journal du soir, il raille le goût de la formule chez les journalistes, s'esclaffe sur des concepts tel que l'incontournable « dogme de l'infaillibilité du jury populaire » et autres perles que l'on trouve dans les gazettes, tout en apportant éclairages et rectifications sur les affirmations contenues dans l'article. L'internaute peut également profiter des « leçons de Maître Eolas », qui met à la portée de tous quelques notions telles que le fonctionnement de l'aide juridictionnelle ou, plus didactique encore, « Au fait, comment on fait un procès ? ».

Une proximité nouvelle

Cette proximité avec le grand public est l'une des clefs du succès des blogs. Maître Eolas frôle les 65 000 visiteurs depuis sa création, en avril 2004. Olivier Sanviti reçoit pour sa part une centaine de visites par jour sur son blog : « C'est un nouveau moyen de communication pour la profession », explique-t-il, « qui nous permet de toucher un public qui n'ose pas toujours franchir la porte de nos cabinets. » L'avocat Azerty partage cela en commun avec les sites de rencontres : son public virtuel a le bout des doigts souvent plus audacieux que dans la réalité.

L'ambition d'Olivier Sanviti est de proposer un knowledge blog invitant les internautes à partager une matière juridique. Lui même s'est lancé dans l'aventure après avoir écrit un article pour le journal d'une école de commerce, article portant sur « les entrepreneurs à l'épreuve du droit des sociétés ». « Mon idée était de mettre cet article en ligne pour le rendre accessible au plus grand nombre. Dans le même temps, j'ai découvert la technologie très simple des blogs ».

Avocat.blogs n'a certes pas le côté décalé du Journal d'un avocat de Maître Eolas. En revanche, on y trouve d'excellents articles de fond sur le droit des affaires et le droit des NTIC ou, sous la plume d'un confrère invité, sur le droit administratif. Ce qui rapproche les deux confrères bloggers est une certaine éthique. Tous deux s'interdisent de parler de leurs clients, de révéler des faits non-publics. « Il faut respecter nos règles déontologiques », reprend Olivier Sanviti. Ce qui explique sans doute le regard bienveillant du conseil de l'Ordre qui n'a, selon l'avocat blogger, rien trouvé à redire.

Séduisants, attendus par le public, ces blogs restent cependant peu nombreux. « Certains confrères sont rebutés par la technologie, qu'ils ne connaissent pas. Mais le principal obstacle au développement des blogs, c'est le temps, qui nous manque à tous. Si l'on veut publier des articles de fond, il faut consacrer du temps à leur rédaction. C'est d'ailleurs ce qui explique que les mises à jour soient peu nombreuses sur mon blog », conclut Olivier Sanviti.

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